CONFÉRENCES PROPOSÉES

De la Pensée Mythique à la Transmission Initiatique

Un mythe est un récit qui se veut explicatif et surtout fondateur d'une pratique sociale. Il est porté à l'origine par une tradition orale qui propose une explication de certains aspects fondamentaux du monde. Les sociétés ont ainsi forgé des mythes tels que ceux de la création du monde ou des rapports de l'être humain, avec le divin mais aussi avec la nature. Or l’homme occidental va peu à peu se couper de la Nature qu’il ne va plus considérer comme magique ou enchantée, mais comme un monde d’objets observables et manipulables d’un point de vue scientifique. Il n’est plus un  habitant du monde comme l’entendait les Anciens, mais devient progressivement maître et possesseur de la nature, comme le proclame Descartes dans le chapitre six de son célèbre Discours de la Méthode. Nous assistons à une forte accélération du processus de désenchantement du monde, selon la célèbre expression de Max Weber, qui signifie que le monde a perdu son aura magique pour devenir un monde froid d’objets. Mais comme l’écrit Edgar Morin, l’être humain est à la fois sapiens et démens. C’est-à-dire qu’il a autant besoin de raison que d’amour et d’émotion, de connaissance scientifique que de mythes. De nos jours les mythes apparaissent au cinéma, dans les romans, les consoles de jeu et dans les bandes dessinées. Outre qu’ils se présentent le plus souvent comme une réécriture des mythes anciens, ils en explorent également de nouveaux. De quels messages sont-ils porteurs ?

De l’Orient, La Lumière : Mythe, Rêve ou Réalité

Il a toujours existé un véritable engouement pour l’Orient en Europe, trouvant son apogée au XIX° siècle, fourmillant de discours philosophiques consacrés à l’Inde d’auteurs comme Schlegel, Schopenhaouer, Nietzsche, pour ne citer que les grands noms de la philosophie allemande. La France possède une grande tradition de recherches indianistes, qui avaient fait par exemple de notre pays l’un des hauts lieux de la philologie sanscrite des études védiques. Anquetil-Duperron en 1801, révèle à l’Europe la pensée des Upanishad, Eugène Burnouf en 1844, la première Introduction à l’histoire du bouddhisme indien. Et Paris a vu se créer la première chaire de sanscrit en Europe. Comment l'Orient, au cours des âges a-t-il pu envahir une partie de l'imaginaire occidental ? Comment se fait-il que, sans existence géographique certaine, il soit devenu un objet de rêverie et de désir ? Pourquoi cette fascination a-t-elle poussé des Occidentaux à abandonner leur monde originel pour aller se fondre dans cet espace non clos et étranger, voire y disparaître ?

Mort et Renaissance, du fait religieux à la symbolique initiatique

Naissance, Vie, Mort, Renaissance….Voilà bien des termes qui hante l’esprit de l’homme depuis la nuit des temps. Mais mort à quoi ? De quelle immortalité s’agit-il ? Renaître, pourquoi ? Vivre et mourir : deux concepts indissociables l’un de l’autre et qui se définissent le plus souvent l’un par rapport à l’autre. Vivre et mourir, devient ainsi une autre façon de parler de la transformation, du mouvement, de la régénération. En effet, nombreux sont les récits, les mythes, les contes allégoriques dans lesquels le dieu ou héros revient et renaît à la lumière du jour après avoir vaincu les ténèbres et s’être libérés des liens des mondes inférieurs. La description de tels mythes relevant à la fois du merveilleux et du fantastique ont en fait un sens profond qui était dévoilé lors des cérémonies d’initiation aux mystères. Les rites initiatiques ne sont-ils pas l’expression de ce « Vivre et Mourir ». Vivre, mourir pour aussitôt renaître à une nouvelle vie ? Au sens ésotérique, cette mort symbolise le changement profond que subit l’homme par l’effet de l’initiation. Le profane doit mourir pour renaître à une vie supérieure et s’il ne meurt pas à son état d’imperfection, il s’interdit alors tout progrès initiatique. Depuis l’antiquité jusqu’à nos jours : l’initié simule la mort afin de souligner la cassure entre sa vie passée et celle à venir. La mort devient donc synonyme de vie nouvelle, d’un niveau de conscience supérieur au précédent.

Le Voyage Intérieur

La voie initiatique est une invitation au voyage. Celui-ci permet à qui l’entreprend d’échapper quelque peu à son quotidien, de faire le point sur ses expériences passées et après parfois une courte halte de reprendre sa route vers Compostelle, vers le champ des étoiles. De tout temps, le voyageur à rechercher le souffle des grands espaces, le mystère des terres inconnues, l’archétype de la cité idéale. Partir à la recherche que d’aucuns appellent  « Vérité » : Telle est la route…Telle est la quête…Partir à la rencontre de l’autre, c’est aussi partir à la rencontre de soi. Pour qu’elle s’opère cette véritable alchimie ne peut fonctionner sans l’écoute de l’autre et une réelle connaissance de soi. La voie maçonnique nous conduit à l’intérieur d’une forêt de mythes, de symboles, d’écrits, de dire. Face à cet univers, le cherchant que nous sommes se pose inéluctablement la question : En quoi cela me concerne-t-il ? Quelle est la partie de moi-même qui est interpellée ? De quelle partie du reflet de ma personnalité est –il question ?

Du Solstice d’Hiver à la Lumière Intérieure

Le solstice d’hiver, ouvre la phase ascendante du cycle annuel tandis que le solstice d’été en marque la phase descendante. En ce qui concerne le Noël proprement dit, c'est-à-dire pour les chrétiens, la naissance de Jésus à Bethléem, il est fort probable que le jour calendaire du 25 décembre ne corresponde guère à la véritable chronologie. En réalité, la date conventionnelle arrêtée pour célébrer Noël recouvre plutôt celle qui donnait lieu dans l'Antiquité â des réjouissances entourant le phénomène astrologique du Solstice de l'Hiver.

Les Anciens saluaient alors avec beaucoup de faste la victoire du Soleil invaincu, c'est-à-dire l'amorce de sa remontée vers le Nord. Depuis le sommet du Solstice de l'Été, le Soleil ne fait que baisser dans sa course et atteint, à la sortie de l'Automne, le degré le plus bas de sa déclinaison. Si elle venait à durer, cette chute de l`Astre du Jour ne manquerait pas de recéler une sérieuse menace pour la sauvegarde de la vie sur notre globe terrestre. Or, après trois jours de quasi-stagnation au périgée de son orbite, le Soleil dans un sursaut salutaire relance une fois de plus son ascension vers le zénith. Toutes les traditions depuis la nuit des temps ont fêtées ce passage. En fêtant fin décembre le solstice d’hiver nous nous situons à nouveau dans la longue chaîne de la tradition première, universelle et originelle. Lorsqu’ on célèbre le solstice d’hiver, dans beaucoup de famille on illumine le sapin de noël, arbre toujours  vert dont la lueur brille dans les ténèbres et triomphe aussi, car à ce moment solsticial la lumière vient vaincre les forces de la nuit et s’engage dès lors dans sa phase ascendante.

Le Symbolisme des Rois Mages

Qui sont ces mystérieux Rois Mages et quel est leur symbolisme. Epiphanie veut dire manifestation. Dès le IVème siècle, les communautés de Palestine, de Syrie, d’Asie mineure commémoraient le 6 janvier le baptême de jésus. On appelle traditionnellement Rois mages les visiteurs qui figurent dans un épisode de l'Évangile selon Matthieu, lesquels, ayant appris la naissance de Jésus, viennent « de l'Orient » guidés par une étoile pour rendre hommage à celui qu’il appelle le « roi des Juifs » afin de lui apporter à Bethléem des présents d’une grande richesse symbolique : ormyrrhe et encens. Les mages sont uniquement évoqués par l'Évangile selon Mathieu (Mt 2, 1-12), les trois autres évangiles canoniques ignorent cet épisode. Pour Hérodote,  les mages seraient à l'origine « une des six tribus qui ont formé la nation des Mèdes » puis, au sein du même peuple, des « prêtres interprètes des songes » c’est à dire pratiquant la divination et l’astrologie. Ils étaient appelés mobad et faisaient partie vraisemblablement d'une classe sacerdotale de savants et de prêtres du mazdéisme. Le terme magoï  possède aussi le sens de « sorcier » et de « magicien » chez SophocleEuripide ou encore Platon. Si l'historicité des mages est douteuse, elle correspond par contre au motif littéraire bien attesté, tant dans la littérature juive que romaine, de devins qui interviennent à la naissance d'un enfant important. Melchior aurait été roi des Perses, Balthazar roi des Arabes, et Gaspard roi en Inde. Pour certains chercheurs, ce troisième nom rejoint la légende entourant le roi  indo-parthe des Sakas  Gondopharès  qui, suivant le récit des apocryphes Actes de Thomas où il est mentionné comme « Gudnaphara », aurait été converti par l'apôtre Thomas. Dans la version arménienne des Actes, le nom devient « Gathaspar » qui aurait ensuite donné « Kaspar ».

Les trois mages, trois mégistes, trismégiste nous renvoient ainsi à Hermès trois fois grand rechercheront donc une étoile.  A Melchior, le mage africain, à la peau noire, est attribué le souffre c’est l’alchimiste. A balthazar l’encens,  parfum solaire, qui le place sous les auspices de l’astrologie. A Gaspar revient l’honneur de servir la myrrhe qui représente la Magie. Ces trois mages, ces trois agents merveilleux représentent en fait les trois grandes sciences hermétiques que sont : l’Alchimie, l’Astrologie et la Magie

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